Étude thermodynamique et mécanique
1. Périmètre et méthode
Cette étude décrit le cycle récepteur complet de la machine Dada sous forme symbolique. Le modèle couple une cinématique imposée des deux pistons, des volumes de gaz bien mélangés, des échangeurs thermiques 0D, des clapets passifs et une fermeture hydraulique compressible générique.
L'origine du cycle est fixée au volume maximal du grand cylindre, avec :
Les quatre volumes de gaz sont :
S: petit cylindre, directement associé à l'échangeur froidC;L: grand cylindre, directement associé à l'échangeur chaudH;C: échangeur thermique froid, qui prélève de la chaleur au réservoir froid ;H: échangeur thermique chaud, qui rejette de la chaleur vers le réservoir chaud.
Les clapets autorisent H → S pendant la Phase II et C → L pendant la Phase IV.
Le cycle comporte quatre phases :
- Phase I — clapets fermés, nominalement adiabatique : compression côté
L+H; - Phase II — échange thermique, nominalement isotherme : transfert
L → H → S, avec rejet de chaleur côté chaud ; - Phase III — clapets fermés, nominalement adiabatique : détente côté
S+C; - Phase IV — échange thermique, nominalement isotherme : transfert
S → C → L, avec prélèvement de chaleur côté froid.
Les qualificatifs nominalement adiabatique et nominalement isotherme décrivent l'objectif du cycle. Ils ne constituent pas des contraintes thermodynamiques exactes : les températures sont calculées par les bilans, les échangeurs restent couplés à leurs réservoirs, et les zones de faible déplacement des pistons ne sont pas supposées parfaitement immobiles.
1.1 Hypothèses de premier niveau
Le modèle repose sur les hypothèses suivantes :
- gaz monophasique, parfait et calorifiquement parfait ;
- propriétés constantes , , , avec et ;
- chaque volume de gaz est uniforme et bien mélangé ;
- énergie cinétique et énergie potentielle du gaz négligées dans les bilans 0D ;
- volumes des échangeurs fixes ;
- cinématique des pistons imposée ;
- pas de frottement mécanique dans le modèle thermodynamique ;
- échanges thermiques représentés par une conductance globale ;
- clapets passifs commandés par la différence de pression.
2. Notations et conventions
2.1 Géométrie et cinématique
Pour :
Le volume balayé est :
Les volumes thermodynamiques imposés par la mécanique sont :
avec leurs dérivées signées :
Si la manivelle tourne à vitesse constante :
Lorsque seule la valeur absolue de la vitesse volumique est utile :
Une zone quasi immobile désigne un intervalle où le déplacement ou reste faible par rapport aux phases de transfert. Cette zone correspond au « plateau » de l'optimisation cinématique, sans supposer exactement.
2.2 Fraction de fermeture cinématique
Pour décrire la fermeture normalisée d'un cylindre :
Ainsi correspond au volume maximal et au volume minimal. Les valeurs et sont des cibles cinématiques nominales aux transitions. La valeur réellement atteinte lors d'un événement de clapet est :
Les transitions physiques restent déterminées par les pressions ; n'est donc pas une condition d'ouverture imposée.
2.3 Variables thermodynamiques
Pour chaque volume :
Le vecteur d'état complet est choisi sous la forme :
Les températures et pressions en sont déduites :
Les volumes et sont imposés par la cinématique et ne sont pas des variables d'état thermodynamiques indépendantes. Les volumes et sont constants.
2.4 Convention de signe énergétique
La chaleur est positive lorsqu'elle est reçue par le gaz. Le travail est positif lorsque le gaz fournit du travail :
En fonctionnement frigorifique recherché :
3. Fermeture thermique et domaine de validité
3.1 Échange avec les réservoirs thermiques
Pour un échangeur :
est la température du réservoir thermique externe, imposée et constante dans le modèle de base. est la température moyenne 0D du gaz dans l'échangeur. représente la conductance thermique globale, qui peut regrouper convection, conduction de paroi et résistances de contact.
Côté froid :
En fonctionnement frigorifique, donne .
Côté chaud :
En fonctionnement frigorifique, donne .
Une phase nominalement isotherme ne signifie donc pas : un écart de température fini est nécessaire pour transférer une puissance thermique finie lorsque est fini.
Un indicateur de qualité d'isothermie peut être défini sur une phase donnée par :
3.2 Domaine de validité thermophysique
Le modèle de base suppose :
La validité doit être contrôlée a posteriori sur tout le cycle, notamment par :
et par une faible variation des propriétés thermophysiques, par exemple :
Le fluide doit rester monophasique gazeux et suffisamment éloigné de toute condensation ou transition de phase dans l'ensemble du domaine parcouru.
Si ces critères deviennent insuffisants, une extension pourra employer , , ou une équation d'état réelle sans modifier l'architecture générale des bilans de masse et d'énergie.
4. Formulation réduite d'une paire quasi égalisée en pression
Lorsqu'un cylindre et son échangeur sont reliés par une liaison interne très peu résistive, on peut utiliser l'approximation :
Elle est acceptable si :
Un faible nombre de Mach interne constitue un contrôle complémentaire :
mais il ne suffit pas, à lui seul, à garantir l'égalisation des pressions.
4.1 Cas fermé de la paire
Pour une paire fermée, avec fixe et :
Lorsque :
4.2 Débit interne de redistribution
On définit positif le débit interne cylindre → échangeur. Posons :
Le débit transporte l'enthalpie de l'état amont :
La température de l'échangeur évolue selon :
4.3 Paire réceptrice ouverte
Lors d'une phase active, le débit externe entre physiquement dans le cylindre récepteur, et non directement dans son échangeur associé. Si entre dans le cylindre à la température :
Les masses vérifient :
et donc :
Le cas fermé est obtenu immédiatement avec .
5. Fermeture hydraulique
5.1 Formulation générique
Toute liaison hydraulique est décrite par une loi générique :
et désignent respectivement l'amont (upstream) et l'aval (downstream). L'enthalpie transportée est celle de l'amont :
Pour une liaison bidirectionnelle, l'état amont est déterminé par le sens réel du gradient de pression. Pour un clapet, le débit inverse est interdit.
5.2 Fermeture de premier niveau par orifice compressible
Une première approximation consiste à employer une aire hydraulique effective :
qui représente la facilité globale de passage du gaz dans la liaison réelle.
Avec :
le débit non étranglé, pour , est :
Pour :
Cette fermeture n'est pas l'essence du modèle : elle pourra être remplacée par une loi plus fidèle aux pertes de charge d'un échangeur réel, d'une conduite ou d'un clapet.
6. Cycle thermodynamique complet
6.1 Phase I — clapets fermés, nominalement adiabatique : compression côté L
Les deux clapets sont fermés. Les paires L+H et S+C sont fermées. Le côté L+H est nominalement comprimé ; le mouvement du petit piston reste celui fourni par la cinématique réelle.
Pour L+H :
Pour S+C :
Les équations de redistribution interne et de température du §4 s'appliquent aux deux paires.
La transition vers la Phase II survient lorsque le clapet H → S satisfait sa condition d'ouverture.
6.2 Phase II — échange thermique, nominalement isotherme : L → H → S
Le gaz quitte L, traverse l'échangeur chaud H, y rejette de la chaleur, franchit le clapet H → S, puis entre dans le cylindre récepteur S. La paire S+C reste quasi égalisée si le critère est satisfait.
6.2.1 Cylindre donneur L
Le bilan fondamental est :
La cinématique est conçue pour maintenir un débit sortant du cylindre donneur. Dans ce cas, la solution analytique est :
et :
On obtient également :
et l'entropie spécifique du gaz restant vérifie sous ces hypothèses. Si un débit rétrograde apparaît malgré la conception cinématique, la solution analytique n'est plus applicable et il faut utiliser le bilan ouvert complet en .
6.2.2 Échangeur chaud H
Conservation de la masse :
Bilan énergétique fondamental :
Sous forme développée :
Les débits sont déterminés par les lois hydrauliques :
6.2.3 Paire réceptrice S+C
Le débit issu de H entre dans S. La pression de la paire vérifie :
Les équations de redistribution interne du §4 restent inchangées : le débit externe agit sur l'échangeur C indirectement par l'évolution de la pression de paire.
La transition vers la Phase III est l'événement de fermeture du clapet H → S.
6.3 Phase III — clapets fermés, nominalement adiabatique : détente côté S
Les deux clapets sont fermés. La paire S+C se détend nominalement ; la paire L+H reste également fermée. Aucun piston n'est supposé rigoureusement immobile.
Pour S+C :
Pour L+H :
La transition vers la Phase IV survient lorsque le clapet C → L satisfait sa condition d'ouverture.
6.4 Phase IV — échange thermique, nominalement isotherme : S → C → L
Le gaz quitte S, traverse l'échangeur froid C, y reçoit de la chaleur du réservoir froid, franchit le clapet C → L, puis entre dans le cylindre récepteur L. La paire L+H reste quasi égalisée si le critère est satisfait.
6.4.1 Cylindre donneur S
Le bilan fondamental est :
Sous débit sortant garanti par la conception cinématique :
et :
Un débit rétrograde impose de revenir au bilan ouvert complet en .
6.4.2 Échangeur froid C
Le bilan énergétique fondamental est :
Sous forme développée :
Les débits sont déterminés par :
6.4.3 Paire réceptrice L+H
Le débit issu de C entre dans L. La pression de la paire vérifie :
La fermeture du clapet C → L ramène à la Phase I. La fermeture géométrique des pistons ne suffit pas à garantir la fermeture thermodynamique du cycle.
7. Transitions physiques des clapets
Pour un clapet orienté de l'amont vers l'aval :
avec, en présence d'hystérésis :
Une ouverture ou une fermeture modifie la topologie hydraulique et donc les équations actives ; elle ne provoque aucun saut instantané de l'état thermodynamique. Pour chaque volume :
Pour le gaz parfait :
Il n'y a donc pas d'égalisation instantanée des pressions à l'ouverture d'un clapet.
Les valeurs servent de cibles de conception cinématique ; les valeurs réellement observées lors des transitions sont .
8. Travail, chaleur et coefficient de performance
Le travail instantané du gaz sur les deux pistons est calculé pendant toutes les phases :
et désignent la pression thermodynamique effectivement appliquée au gaz dans chaque cylindre selon la topologie de la phase : pression de paire lorsque le cylindre appartient à une paire quasi égalisée, pression propre lorsqu'il est donneur isolé hydrauliquement.
Le travail net du cycle est :
Les chaleurs échangées sont :
En régime périodique :
et le premier principe donne :
Le COP frigorifique est :
Le COP en pompe à chaleur est :
Les signes , et constituent des contrôles du régime frigorifique recherché.
La force thermodynamique exercée par le gaz sur une face de piston peut être écrite . La force mécanique nette, les inerties et les frottements relèvent du dimensionnement mécanique ultérieur.
9. Charge de gaz et régime périodique
La quantité totale de gaz enfermée est un paramètre physique :
Elle peut être imposée directement ou définie expérimentalement par une pression et une température de charge. La configuration de référence choisie est celle de , avec le grand cylindre au volume maximal. Si tous les volumes communiquent et sont en équilibre uniforme pendant le remplissage :
et définissent la quantité de gaz chargée ; ils ne constituent pas une condition que le cycle périodique doit retrouver.
Le régime périodique établi est une solution du système telle que, entre deux passages successifs au volume maximal du grand cylindre avec la même direction cinématique :
La périodicité géométrique seule :
ne suffit pas à garantir la périodicité thermodynamique.
L'état numérique utilisé pour lancer un calcul peut être approximatif ; il ne doit pas être confondu avec un paramètre physique de la machine. Le futur solveur pourra rechercher le point fixe périodique par cycles successifs, méthode de tir ou méthode de Newton.
10. Paramètres, données de conception et résultats
10.1 Données imposées
- fluide de travail et propriétés de référence , , , ;
- températures des réservoirs , ;
- charge totale , ou équivalent dans la configuration de remplissage définie au §9 ;
- cinématique , et, si pertinent, .
10.2 Paramètres de conception
- , , , ;
- , ;
- , ;
- paramètres hydrauliques des échangeurs, conduites et clapets, représentés au premier niveau par ;
- seuils , ;
- cibles cinématiques , .
10.3 Variables et résultats calculés
- , , , ;
- débits massiques internes et externes ;
- , , , ;
- , , ;
- extrema de pression, température et débit ;
- événements réels des clapets et ;
- qualité d'isothermie ;
- critères de validité , , et variation des propriétés.
11. Contrôles globaux de conservation
11.1 Mass conservation
The solver must satisfy:
A useful numerical residual is:
11.2 Global energy conservation
Whatever the phase, the internal mass and enthalpy fluxes must cancel when the balances of all volumes are summed. The global balance must reduce to:
A cumulative energy residual may be defined by:
The solver must keep and close to zero to the expected numerical accuracy.
= Appendix A — Symbolic derivations and validated checks
= A.1 Pressure equation for a closed pair
For a cylinder + heat-exchanger pair at quasi-uniform pressure:
The first law gives:
with:
Differentiating :
Hence:
If :
then:
= A.2 Internal flow rate of the pair
For the heat exchanger alone, at fixed volume:
Therefore:
Using :
This recovers the definition of the numerator and the selection of the upstream temperature according to the sign of the flow rate.
= A.3 Evolution of the heat-exchanger temperature within a pair
For a fixed volume:
Differentiating:
With :
This relation follows solely from mass conservation and the equation of state; it is valid for both flow directions.
= A.4 Open receiving pair
For a pair receiving into its cylinder:
With :
The local mass balance:
immediately gives:
= A.5 Analytical solution for the adiabatic donor cylinder
For an adiabatic, well-mixed cylinder with outflow only:
and:
Expanding:
thus:
With and :
After integration:
Then, using :
and:
Under these assumptions, the specific entropy of the remaining gas is constant: . The total entropy of the gas contained in the cylinder is not constant because its mass varies.
= A.6 Active heat exchanger: expanded balance
Fundamental balance:
Expanding the left-hand side and using:
one obtains:
Limiting checks:
- with no flow, the equation recovers the thermal relaxation of a closed volume;
- with equal steady inlet/outlet flow rates, it recovers ;
- if and , the net contribution of the flow to vanishes.
= A.7 Global mass test during an active phase
For Phase II:
Summing:
Phase IV gives exactly the same result by symmetry.
= A.8 Global energy test during an active phase
For Phase II:
The internal enthalpy fluxes cancel exactly:
What remains is:
Phase IV provides the symmetric relation. In the closed phases, the same structure follows directly from summing the balances of the two pairs. Hence, for any phase:
Integrated over a periodic cycle, this relation gives:
= A.9 Continuity at transitions
At the instant of a check-valve event, no finite mass or energy can be transferred in zero time. The conserved variables and geometry are therefore continuous:
For an ideal gas:
which implies:
The event only creates a change in hydraulic topology and in the active system of equations.
